Accueil › Guides › Taux d'IPP pour le dos (rachis lombaire et cervical)
Les douleurs et raideurs du dos sont parmi les séquelles les plus fréquentes après un accident du travail (manutention, chute) ou une exposition professionnelle prolongée (port de charges, vibrations, postures contraignantes). Le barème officiel distingue deux régions anatomiques distinctes : le rachis cervical (le cou) et le rachis dorso-lombaire (le dos proprement dit). Ni l'une ni l'autre ne sont latéralisées — le taux ne dépend pas d'un côté dominant.
Rachis dorso-lombaire — barème fonctionnel, sans séquelles neurologiques
| Séquelle | Taux |
|---|---|
| Douleurs intermittentes déclenchées par des causes précises, nécessitant une thérapeutique ponctuelle, avec discrète raideur segmentaire | jusqu'à 3 % |
| Raideur active et gêne douloureuse pour tous les mouvements, nécessitant une thérapeutique régulière | 5 à 10 % |
| Gêne permanente avec douleurs inter-scapulaires, troubles de la statique, dos creux, perte de la cyphose thoracique radiologique | 10 à 20 % |
Rachis dorso-lombaire — barème accident du travail (Annexe I)
Le barème AT retient une grille un peu différente, organisée par intensité de la gêne fonctionnelle plutôt que par description clinique détaillée :
| Séquelle | Taux |
|---|---|
| Douleurs et gêne fonctionnelle discrètes | 5 à 15 % |
| Douleurs et gêne fonctionnelle importantes | 15 à 25 % |
| Très importantes, avec séquelles fonctionnelles et anatomiques | 25 à 40 % |
Le cas particulier du sacrum et du coccyx
| Séquelle | Taux |
|---|---|
| Séquelles de fracture du sacrum (gêne aux mouvements du tronc, douleurs en position assise) | 5 à 15 % |
| Coccygodynie (douleurs à l'accroupissement ou en position assise) | 5 à 15 % |
Rachis cervical — sans complication neurologique
| Séquelle | Taux |
|---|---|
| Sans lésion documentée — douleurs intermittentes, diminution minime de l'amplitude des mouvements | jusqu'à 3 % |
| Avec lésion documentée — douleurs fréquentes avec limitation objectivable de l'amplitude | 3 à 10 % |
| Avec lésion documentée — douleurs très fréquentes, gêne fonctionnelle permanente, vertiges et céphalées associés | 10 à 15 % |
Source : Arrêté du 7 mai 2026 relatif aux barèmes indicatifs d'incapacité permanente (NOR : TRSS2606366A), Annexes I et III.
Pourquoi les fourchettes sont-elles larges pour le dos ?
Contrairement à une articulation comme le genou, où l'amplitude de mouvement peut être mesurée précisément au degré, les séquelles du rachis sont souvent décrites par leur retentissement global (gêne « discrète », « importante », « très importante »), ce qui laisse davantage de place à l'appréciation du médecin-conseil. C'est d'autant plus une raison de vérifier que le taux retenu correspond bien à l'intensité réelle de votre gêne au quotidien.
Les séquelles neurologiques associées comptent à part
Les atteintes neurologiques associées à une lésion du rachis (sciatique, atteinte des nerfs du membre inférieur ou supérieur, troubles sphinctériens dans les cas les plus graves) relèvent d'un chapitre distinct du barème, et se cumulent avec l'atteinte du rachis elle-même selon la règle de la capacité restante — elles ne sont pas incluses dans les taux ci-dessus.
Le cas des hernies discales multiples
Lorsque plusieurs niveaux vertébraux sont atteints (par exemple deux hernies discales lombaires étagées), le barème ne prévoit pas d'addition automatique des taux par niveau : c'est la gêne fonctionnelle globale résultant de l'ensemble des atteintes qui est évaluée comme une seule séquelle du rachis, selon les mêmes catégories (douleurs intermittentes, raideur, gêne permanente) décrites plus haut.
Vérifier votre propre taux
Le simulateur IPP permet de sélectionner précisément votre niveau de gêne (cervical ou lombaire), d'ajouter une éventuelle atteinte neurologique associée, et d'obtenir le cumul calculé automatiquement selon la règle officielle — avec le texte intégral du barème consultable pour chaque chapitre.
Questions fréquentes
Une hernie discale opérée laisse-t-elle toujours une séquelle ?
Non : si l'intervention restitue une mobilité normale et sans douleur, il n'y a pas nécessairement de taux à retenir. C'est la gêne résiduelle après consolidation qui est évaluée, pas l'opération elle-même.
Le mal de dos chronique sans cause identifiée est-il reconnu ?
Le barème exige une relation établie avec l'accident ou la maladie professionnelle reconnue ; une douleur chronique sans lien démontré avec l'événement professionnel ne relève pas de ce barème.
Pourquoi le barème AT et le barème fonctionnel donnent-ils des fourchettes différentes pour le dos ?
Le barème fonctionnel (Annexe III) décrit la gêne dans la vie courante de façon clinique détaillée (position assise, mouvements précis), tandis que le barème AT (Annexe I) raisonne davantage en termes de retentissement global sur l'activité. Les deux barèmes ne sont pas conçus pour donner le même chiffre : c'est pourquoi le simulateur affiche les deux côte à côte plutôt que de les mélanger.
Un tassement vertébral change-t-il le taux ?
Un tassement vertébral, visible à l'imagerie, est généralement pris en compte dans l'appréciation globale de la gêne fonctionnelle et de la statique du rachis (dos creux, perte de la cyphose), plutôt que chiffré séparément : c'est un élément parmi d'autres qui oriente vers la fourchette haute ou basse de la catégorie retenue.