Accueil › Guides › Taux d'IPP pour l'épaule
L'épaule est une région latéralisée du barème : le taux diffère selon que le côté atteint est le membre dominant (le bras avec lequel vous écrivez) ou non dominant, car la perte de fonction d'un bras dominant est jugée plus pénalisante au quotidien. C'est l'une des régions les plus riches du barème accident du travail, avec des rubriques dédiées aux amputations, aux blocages, aux luxations récidivantes et aux atteintes tendineuses.
Barème fonctionnel (déficit fonctionnel permanent)
| Séquelle | Dominant | Non dominant |
|---|---|---|
| Perte totale de la mobilité de la gléno-humérale et de la scapulo-thoracique | 30 % | 25 % |
| Limitation de l'élévation-abduction-antépulsion active à 60°, fixée en rotation interne | 25 % | 20 % |
| Limitation de l'élévation-abduction-antépulsion active à 85° | 20 % | 15 % |
| Limitation de l'élévation-abduction-antépulsion entre 130° et 180° | jusqu'à 10 % | jusqu'à 8 % |
| Épaule ballante | 20 à 30 % | 15 à 25 % |
| Déficit isolé de la rotation interne | 6 à 8 % | 4 à 6 % |
| Déficit isolé de la rotation externe | 3 à 5 % | 1 à 3 % |
Amputations du membre supérieur (barème fonctionnel)
| Séquelle | Dominant | Non dominant |
|---|---|---|
| Désarticulation scapulo-thoracique | 65 % | 55 % |
| Amputation ou perte totale de la fonction d'un membre supérieur | 60 % | 50 % |
| Amputation du bras (selon la qualité du moignon) | 55 à 60 % | 45 à 50 % |
Barème accidents du travail (Annexe I) — quelques exemples
| Séquelle | Dominant | Non dominant |
|---|---|---|
| Désarticulation de l'épaule | 95 % | 85 % |
| Blocage de l'épaule, omoplate bloquée | 55 % | 45 % |
| Blocage de l'épaule, avec omoplate mobile | 40 % | 30 % |
| Limitation moyenne de tous les mouvements | 20 % | 15 % |
| Luxation récidivante — formes graves avec récidives fréquentes | 40 % | 30 % |
| Luxation récidivante — formes légères | 10 à 15 % | 8 à 10 % |
| Épaule ballante (pertes de substance osseuse étendues) | 70 % | 60 % |
| Rupture du deltoïde | 10 à 25 % | 6 à 20 % |
Source : Arrêté du 7 mai 2026 relatif aux barèmes indicatifs d'incapacité permanente (NOR : TRSS2606366A), Annexes I et III. Le barème officiel reproduit par ailleurs une coquille du Journal officiel (« épaule » et « après » collés dans un intitulé) : ce simulateur la reproduit à l'identique, conformément à la règle de fidélité au texte officiel.
Prothèse d'épaule : pas de taux automatique
Le barème précise explicitement que l'implantation d'une prothèse articulaire ne justifie pas, en elle-même, un taux d'IPP : son évaluation se fonde sur le résultat fonctionnel de l'épaule après l'opération (amplitude de mouvement résiduelle), et non sur la seule présence de la prothèse. C'est un point que les victimes découvrent souvent avec surprise, s'attendant à ce que la chirurgie seule justifie une indemnisation.
Les cas particuliers du syndrome de Volkmann
Parmi les séquelles les plus lourdes du membre supérieur figure le syndrome de Volkmann, une complication vasculo-nerveuse pouvant entraîner une rétraction musculaire sévère : le barème AT prévoit un taux pouvant atteindre 70 % (dominant) selon l'importance de la répercussion sur la main et les troubles trophiques associés — une fourchette large qui reflète la grande variabilité de gravité de cette complication.
Les séquelles associées : nerfs et clavicule
Une atteinte de l'épaule s'accompagne parfois d'une lésion du plexus brachial ou d'un nerf du membre supérieur (radial, médian, ulnaire), évaluée dans un chapitre distinct consacré aux nerfs du membre supérieur. De même, les séquelles de la clavicule (cal difforme, pseudarthrose) sont chiffrées séparément, avec des taux plus modestes (2 à 5 % pour un cal difforme selon la gêne) que les atteintes de l'articulation elle-même.
Vérifier votre propre taux
Utilisez le simulateur IPP pour indiquer votre latéralité et votre amplitude de mouvement exacte, et comparer le barème fonctionnel au barème accident du travail applicable à votre cas.
Questions fréquentes
Comment sait-on si mon bras est « dominant » ?
C'est simplement le bras avec lequel vous écrivez habituellement, quel que soit le bras effectivement blessé.
Les séquelles de la main comptent-elles avec l'épaule ?
Non : la main et les doigts relèvent d'un chapitre distinct du barème. Si vous avez des séquelles aux deux niveaux, elles sont évaluées séparément puis combinées selon la règle de cumul applicable (addition si même fonction, capacité restante sinon).
Une luxation récidivante de l'épaule donne-t-elle toujours un taux élevé ?
Non : le barème distingue trois niveaux de gravité selon la fréquence des récidives — formes légères (8 à 15 %), moyennes (15 à 20 %) et graves avec récidives fréquentes (30 à 40 %). Une intervention chirurgicale réussie, sans nouvelle récidive après consolidation, peut aboutir à un taux faible, voire nul.
Quelle est la différence entre « blocage » et « limitation » ?
Le « blocage » désigne une perte quasi totale de mobilité d'une articulation précise (par exemple l'omoplate bloquée, qui retient un taux élevé de 40 à 55 %), tandis que la « limitation » désigne une réduction partielle de l'amplitude de plusieurs mouvements à la fois, évaluée plus finement selon son caractère léger ou moyen.