Accueil › Guides › Taux d'IPP pour le genou
Le genou est l'une des articulations les plus fréquemment touchées en accident du travail (chute, torsion, choc direct) comme en maladie professionnelle (usure liée à des gestes répétés ou au port de charges). Voici des exemples réels, extraits mot pour mot du barème officiel (arrêté du 7 mai 2026), pour vous aider à situer votre propre taux. Ces taux sont indicatifs : le médecin-conseil peut s'en écarter en motivant sa décision, selon l'état général, l'âge et les facultés physiques du patient.
Barème fonctionnel (déficit fonctionnel permanent)
Ce barème évalue la gêne dans la vie courante, indépendamment du contexte professionnel.
| Séquelle | Taux |
|---|---|
| Limitation de la flexion du genou, flexion possible de 0 à 30° | 20 % |
| Limitation de la flexion du genou, flexion possible de 0 à 60° | 15 % |
| Limitation de la flexion du genou, flexion possible de 0 à 90° | 10 % |
| Limitation de la flexion du genou, flexion possible de 0 à 110° | 5 à 8 % |
| Arthrodèse (fusion osseuse anatomique) | 25 % |
| Ankylose (raideur serrée sans fusion radiologique) | 25 à 30 % |
| Laxité antérieure isolée, avec ressaut antéro-externe typique | 5 à 10 % |
| Laxité chronique mixte périphérique et antéro-postérieure | 5 à 15 % |
| Laxité chronique grave à la limite de l'arthrodèse | 20 % |
| Genou ballant appareillé (y compris raccourcissement) | 30 % |
Barème accidents du travail (Annexe I)
Plus détaillé, ce barème distingue amputations, blocages articulaires, laxités et atteintes tendineuses.
| Séquelle | Taux |
|---|---|
| Désarticulation du genou | 80 % |
| Jambe — amputation au tiers supérieur | 70 % |
| Blocage en rectitude (position favorable) | 30 % |
| Blocage de 5° à 25° | 35 % |
| Blocage de 25° à 50° | 40 % |
| Blocage de 50° à 80° | 50 % |
| Blocage au-delà de 80° | 60 % |
| Déviation en valgum ou en varum (en plus) | 10 à 15 % |
| Mouvements anormaux par laxité ligamentaire (latéralité, tiroir...) | 5 à 35 % |
| Luxation récidivante de la rotule | 15 % |
| Hydarthrose chronique récidivante, avec amyotrophie marquée | 15 % |
| Rupture du tendon rotulien ou quadricipital, non réparée | 30 % |
| Genou ballant | 60 % |
| Pseudarthrose consécutive à une résection du genou | 50 % |
Source : Arrêté du 7 mai 2026 relatif aux barèmes indicatifs d'incapacité permanente (NOR : TRSS2606366A), Annexes I et III.
Les taux ne s'additionnent pas automatiquement entre eux
Si vous présentez plusieurs séquelles du genou (par exemple une laxité et une limitation de flexion), elles relèvent d'une même fonction (le genou) et leurs taux s'additionnent, dans la limite de 100 %. En revanche, si vous avez aussi une séquelle sur une autre articulation (une épaule, par exemple), la combinaison se fait par la règle de la capacité restante, pas par simple addition — voir notre guide sur le nouveau barème IPP 2026 pour le détail de cette règle.
Pourquoi deux genoux touchés ne donnent pas simplement le double
Si l'accident ou la maladie professionnelle touche les deux genoux, chaque genou est d'abord évalué séparément selon les rubriques ci-dessus. Mais comme les deux genoux relèvent de fonctions distinctes (jambe droite et jambe gauche), leur cumul suit la règle de la capacité restante et non une simple addition : le taux global sera donc inférieur à la somme arithmétique des deux taux individuels.
Vérifier votre propre taux
Chaque situation est différente : le taux dépend de la mobilité résiduelle exacte, de la présence de laxités associées, d'une éventuelle atteinte neurologique, et du barème applicable à votre situation (accident du travail ou maladie professionnelle). Utilisez le simulateur IPP pour sélectionner précisément votre séquelle sur la silhouette ou par la recherche, et obtenir une estimation comparant barème AT et barème fonctionnel.
Questions fréquentes
Une prothèse du genou donne-t-elle automatiquement un taux ?
Non. Comme pour les autres articulations, le barème précise que la seule implantation d'une prothèse ne justifie pas un taux d'IPP : c'est le résultat fonctionnel après l'opération (mobilité résiduelle, douleur, stabilité) qui est évalué.
Le ménisque est-il évalué séparément ?
Une rupture méniscale isolée et bien réparée chirurgicalement ne laisse souvent aucune séquelle chiffrable ; en cas de séquelles persistantes (laxité, hydarthrose, limitation), ce sont ces conséquences fonctionnelles qui sont évaluées, pas la lésion méniscale en tant que telle.
Et la rupture des ligaments croisés ?
Une rupture du ligament croisé antérieur (LCA) ou postérieur (LCP) bien réparée et sans instabilité résiduelle peut ne laisser aucune séquelle chiffrable après rééducation complète. En cas d'instabilité persistante (le genou qui « lâche » ou se dérobe), c'est la rubrique « mouvements anormaux par laxité ligamentaire » qui s'applique, avec une fourchette large (5 à 35 % dans le barème AT) selon la gravité clinique constatée par le médecin-conseil.
Combien de temps après l'accident le taux est-il fixé ?
Le taux n'est évalué qu'après la consolidation, c'est-à-dire lorsque l'état de la victime se stabilise et qu'un traitement n'est plus susceptible d'améliorer la situation de façon significative (hors risque d'aggravation ultérieure). Pour une atteinte du genou avec chirurgie (ligamentoplastie, prothèse), cette consolidation peut n'intervenir qu'après plusieurs mois de rééducation.